Points clés :
- La croissance des salaires affichés regagne en vigueur dans plusieurs pays européens, mais reste en retrait en France.
- En juillet, les données d’Indeed montrent que la croissance des salaires dépasse de nouveau l’inflation – ou du moins la suit – dans l’ensemble de la zone euro.
- En revanche, les salaires affichés sur Indeed en France restent en retrait par rapport au taux d’inflation (IPCH) de 2,4 % sur un an.
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La croissance des salaires gagne en vigueur en Europe. En juillet, l’Indeed Wage Tracker fait état d’une hausse de 3,3 % en glissement annuel des salaires affichés dans les offres d’emploi de la zone euro publiées sur Indeed. Il s’agit du rythme de progression annuelle le plus rapide pour les salaires affichés depuis novembre 2024, et d’une nette accélération par rapport à la moyenne de 2,5 % observée tout au long du premier semestre. Ce redressement récent est manifeste dans les grandes économies du continent : depuis le printemps, la moyenne sur trois mois de la croissance annuelle des salaires a nettement progressé en Allemagne (3,3 % en juillet), en France (1,7 %), en Espagne (3,7 %) et en Italie (2,9 %).

Pour les nombreux travailleurs dont le pouvoir d’achat s’est érodé lors de la flambée de l’inflation en début d’année, ces hausses de salaires pourraient signaler un soulagement bienvenu. En juillet, les données d’Indeed montrent que la croissance des salaires dépasse de nouveau l’inflation – ou du moins la suit – dans l’ensemble de la zone euro. Néanmoins, dans de nombreux pays, les gains salariaux cumulés n’ont pas tout à fait rattrapé les pressions sur les prix des cinq dernières années, et ce malgré l’accélération observée ces derniers mois. Dans la mesure où la progression récente des salaires ne fait encore que regagner le pouvoir d’achat perdu, et où le volume d’offres d’emploi reste faible au regard des niveaux historiques, les responsables de la politique monétaire pourraient se montrer moins préoccupés par la menace d’une spirale prix-salaires.

Quoi qu’il en soit, la Banque centrale européenne (BCE) suivra de près ce redressement de la croissance des salaires. Alors qu’une nouvelle hausse des taux directeurs paraît probable en septembre, la BCE est déjà extrêmement attentive aux risques inflationnistes : l’institution ne prendra pas à la légère l’éventualité que les hausses de salaires constituent des « effets de second tour » susceptibles d’exercer ensuite une pression inflationniste plus large sur l’économie. Il serait néanmoins prématuré de conclure que la progression récente des salaires se traduira par une inflation tirée par la demande, compte tenu de la faiblesse persistante de la conjoncture du marché du travail.
Consultez notre chartbook complet, Panorama du marché du travail européen, pour une vue d’ensemble plus approfondie du marché du travail en Europe. D’autres données, dont l’Indeed Wage Tracker (suivi des salaires), sont mises à jour régulièrement et accessibles sur notre portail de données.